Session / Séance 2a: The Oriental Gaze / Perspective orientale
Wednesday June 1 / Mercredi le 1 juin
11.30 am – 12.30 pm 
CH F202
Chair / Présidente : Kate Galloway, Wesleyan University/Memorial University of Newfoundland

An Ethnography Through Observation, Recollection, and Forgetting: Sonic Memory and Cultural Identity in the Udlajan area of Tehran / Une ethnographie par l’observation, le souvenir et l’oubli : mémoire acoustique et identité culturelle dans le quartier Udlajan de Téhéran
Mahsa Pakravan, University of Alberta

Udlajan, an old neighborhood in Tehran, Iran was home to a majority of Jews before the Iranian Islamic revolution of 1979. The revolution led to the migration of a majority of Iranian religious minorities, including the Jews. This research studies how sonic memories of Udlajan Jewish community reveal their sense of identity as residents of the neighborhood and how the sonic experiences of Udlajan residents in particular bring meaning to their environment. This study considers changes to the everyday soundscape of Udlajan in order to examine the role of sounds and silences in the social construction of space. This research also proposes that narrating sound memories enables residents to socially construct their space further by accessing the nexus of memory and emotion, and through this provides a useful tool for better understanding of their cultural identity. 

Avant la révolution islamique iranienne de 1979, une majorité de juifs résidaient à Udlajan, un vieux quartier de Téhéran, en Iran. La révolution a conduit la plupart des minorités religieuses iraniennes, dont les juifs, à migrer. La présente communication se penche sur la façon dont les souvenirs acoustiques des membres de la communauté juive d’Udlajan révèlent leur sentiment d’identité en tant que résidents du quartier, et dont les expériences sonores des résidents d’Udlajan en particulier donnent une signification à leur environnement. L’étude prend en compte les changements du paysage sonore quotidien d’Udlajan afin de préciser le rôle des sons et des silences dans la construction sociale de l’espace. Elle suggère en outre que le fait de verbaliser des souvenirs sonores permet aux résidents de construire plus avant leur espace social, et ce, en accédant au cœur de la mémoire et de l’émotion. Ce faisant, l’étude fournir un outil utile pour mieux comprendre l’identité culturelle de ces résidents.

 

Orientalism and Cultural Exchange: Indian “Nautch” as Musical Nexus / Orientalisme et échange culturel : le « nautch » indien en tant que noyau musical
Margaret E Walker, Queen’s University

Although there are substantial studies exploring musical “orientalisms” in Western Art Music, little attention has been paid to the possibility of real-life performances inspiring such musical creation. Before 1850 however, Europeans in India were fascinated by performances of singing and dancing women. Called the “nautch” by the colonisers, these performances became a place of cultural exchange as the Indian performers learnt British popular songs and the British, in turn, transcribed nautch songs as keyboard pieces. As colonial interest in Indian arts faded through the 1800s and dance performances became considered immoral, European composers increasingly adopted “Oriental” plots and musical stereotypes in operas and ballets. This paper combines archival research with musical and choreographic analysis to hypothesize that the early colonial enthusiasm for the nautch directly influenced the production of 19th-century Orientalist operas and ballets, most of which focus on exotic heroines who sing and dance. 

Malgré le nombre considérable d’études abordant les « orientalismes » musicaux dans la musique sérieuse occidentale, peu d’attention a été accordée à la possibilité que des performances concrètes aient inspiré ce type de création musicale. Avant 1850 toutefois, les Européens en Inde étaient fascinés par les prestations des chanteuses et des danseuses. Ces prestations, appelées « nautch » par les colonisateurs, sont devenues le lieu d’un échange culturel : en effet, les interprètes indiennes apprenaient les chansons populaires britanniques, alors que les Anglais, en contrepartie, transcrivaient les chansons nautch pour les instruments à clavier. Durant le XIXe siècle, alors que l’intérêt colonial pour les arts indiens s’estompait et que les performances dansées étaient considérées comme immorales, les compositeurs européens ont employé de plus en plus d’intrigues et de stéréotypes musicaux « orientaux » dans les opéras et les ballets. La présente communication associe la recherche en archives à l’analyse musicale et chorégraphique pour postuler que l’enthousiasme des débuts du colonialisme pour le nautch a directement influencé la production des opéras et des ballets orientalistes du XIXe siècle, dont la plupart privilégiaient les héroïnes exotiques qui chantaient et dansaient.